La langue bretonne comme dernière barrière ethnique ?

Nous proposons aujourd’hui à nos lecteurs un article publié sur Breizh-Info en 2018 mais dont le propos reste d’une brulante actualité.

« Que reste-t-il de la Bretagne ? La question, régulièrement posée ironiquement aux nationalistes bretons, suscite un malaise de plus en plus palpable. À juste titre : il n’y a plus grand-chose qui sépare les derniers signes de notre vieux fond breton du reste de l’hexagone.

La francisation, menée au pas de charge et secondée désormais par ce concept généraliste de mondialisation, n’a pas laissé beaucoup de traces de survie de l’âme bretonne. Mais il existe un terrain sur lequel tout n’est pas perdu. Bien au contraire !

République française breton
La République française aurait bien voulu éradiquer totalement l’âme bretonne, mais nous sommes encore là !

La langue bretonne pourrait bien être cette ligne de démarcation, ce cordon sanitaire entre nous et « les autres ».

Une barrière linguistique qui, à défaut de rendre la Bretagne totalement hermétique à l’invasion culturelle et migratoire, aurait au moins un avantage : développer un communautarisme breton corrélé à une prise de conscience ethnique.

Car, quoique certains gauchistes forcenés en pensent, de par sa structure et sa complexité, le breton ne sera jamais une langue apprise par les extra-européens. Avec un peu d’honnêteté intellectuelle, il est assez aisé de reconnaître que les quelques contre-exemples au sein des écoles Diwan ne deviendront pas une généralité.

Quant à utiliser la langue bretonne comme outil de reconstruction nationale, l’idée est tout sauf saugrenue lorsque l’on regarde ce qui s’est fait (et se fait toujours) ailleurs. Et en matière de sauvetage ethnolinguistique, il y a des peuples qui s’en sortent mieux que d’autres.

La barrière du flamand

Englué un temps dans une Belgique socialiste et francophone (toute ressemblance avec un État jacobin en voie d’africanisation serait purement fortuite), le Lion des Flandres a retrouvé de sa superbe.

Alors qu’il fut longtemps rappelé aux Flamands que leur langue n’aurait pas valeur de langue nationale et que l’usage du français avait eu cours au sein même de leurs élites, le rapport de force a été grandement inversé depuis. Dans la vie publique comme politique, le flamand a gagné du terrain. À tel point même que les accrochages avec les francophones et les reproches de ces derniers se sont multipliés. Le communautarisme flamand et son intransigeance linguistique en dérangent plus d’un, en Wallonie comme dans la région de Bruxelles-Capitale. Une ville historiquement flamande que l’immigration et le métissage ont transformé en ville-monde ayant fait table rase de son passé.

Bruxelles
Bruxelles, francisée puis tiers-mondisée …

Mais le point le plus intéressant reste l’usage de la langue dans la vie économique. Ainsi, la règle est simple là-bas : les entreprises ne recrutent que des néerlandophones. Entendez-par là des locuteurs flamands. Un moyen drastique de sélectionner les candidats dès l’entretien d’embauche. Hormis les Flamands natifs, les autres postulants sont donc en très grande majorité issus de cultures proches. Des Européens du Nord pour faire simple.

Une barrière linguistique qui ne laisse que peu de place aux critiques : la Flandre se porte bien économiquement. Très bien même. Beaucoup mieux que ses voisins wallons ou français de ce que l’on nomme désormais les Hauts-de-France.

La volonté de l’hébreu moderne

Alors que le flamand est, à l’heure actuelle, parlé par plus de 50 % de la population en Belgique, il est facile de nous opposer que la langue bretonne reste très minoritaire. Elle perd même des locuteurs en valeur absolue chaque année.

Mais, là encore, la volonté peut triompher de tout. Le breton moderne, à l’orthographe unifiée, n’est-il pas né du travail acharné d’une poignée de militants infatigables ? Il est aujourd’hui enseigné dans nos écoles bilingues et reconnu de tous, à l’exception de la République française.

Avant de devenir la langue officielle d’un petit État puissant, parlée par plus de huit millions de personnes, dans quelle situation se trouvait l’hébreu à la fin du XIXème siècle ? Ben Yehouda et ses amis n’étaient pas nombreux à y croire à l’époque lorsqu’ils le modernisèrent, l’enrichirent puis l’enseignèrent, de façon confidentielle tout d’abord, dans ce qui deviendra plus tard l’État d’Israël.

Eliezer Ben Yehuda
Ben Yehouda, infatigable défenseur de l’hébreu

En breton avec les nôtres

Les deux exemples précédents, modèles de communautarisme, doivent inspirer la volonté bretonne. Vivre et penser en breton, en plus de nous rapprocher de notre rôle historique de « Peuple du grand Nord-Ouest européen », doivent nous permettre de sauver ce qui peut l’être de notre personnalité bretonne.

À ce sujet, comme il est suggéré en introduction, nous devons tenir le discours de la vérité : les modes de consommation et d’habitat, les influences culturelles et idéologiques, les évolutions sociétales sont aujourd’hui similaires en France et en Bretagne.

Même le pessimisme économique, fait de résignation et de foi aveugle dans le « stato-socialisme » français, a gagné depuis longtemps la péninsule bretonne. Les entrepreneurs y sont bien moins nombreux que les geignards en tout genre et les futurs fonctionnaires.

Une fois ceci exposé, comprenons donc l’urgence de sortir de ce cercle plus que vicieux. Pour cela, la langue bretonne est notre dernier atout. L’ultime carte pour sauver une identité vantée à tort et à travers mais qui, concrètement, n’a aucune emprise sur la société bretonne à l’heure actuelle. Les produits « régionaux » et les festivals à outrances ne nous sauveront pas d’une disparition programmée.

Voilà pourquoi nous devons prendre, apprendre et réapprendre le breton. Comme l’ont fait Flamands et Israéliens. À l’école, à la maison, dans nos universités et entreprises. Sans honte et sans peur. Avec une seule ambition : survivre !

Apprendre le breton
Apprendre le breton n’a jamais été aussi simple …

En anglais avec les autres

Et nous les voyons déjà poindre à l’horizon, ceux qui s’empresserons de nous rappeler qu’une « petite » Bretagne, isolée, parlant breton avec elle-même, n’ira pas bien loin.

La réponse, claire et tranchée, résonne déjà comme une évidence. Nous sommes Bretons ET Européens. La seule langue qui vaille dans les échanges avec nos frères du continent est l’anglais. Une langue aujourd’hui maîtrisée de tous, des Latins aux Slovènes, des Croates à la Baltique. Bien que le chinois ou l’arabe soient en développement constant, démographie oblige, l’anglais est aujourd’hui la langue des échanges internationaux. Du business à la politique, la langue de nos cousins britanniques est incontournable.

Seuls les Français, nostalgiques d’une gloire passée et toujours en première ligne dans le chauvinisme anti-européen, rechignent à maîtriser parfaitement l’anglais. La francophonie a pourtant un avenir. Mais, malheureusement pour elle, celui-ci se trouve en Afrique ! Emmanuel Macron dans le texte.

Que ce dernier nous excuse par avance de vouloir lui fausser compagnie. Traverser la Méditerranée à bord du Titanic cosmopolite français n’est pas une perspective réjouissante pour la vieille ethnie européenne que représentent les derniers bretons.

Bretagne contre France
France cosmopolite ou Bretagne identitaire ?

Plus que jamais, nous sommes maîtres de notre destin. Il nous suffit simplement d’en prendre conscience et de nous mettre au travail. Dans un futur proche, la seule frontière qui puisse être rétablie en Bretagne sera linguistique. Les questions migratoires suivront. Le quasi-monopole de la gauche culturelle sur la langue bretonne n’est que le résultat de notre fainéantise. WAR-SAV !

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Youenn Kereon

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Article à retrouver sur : https://www.breizh-info.com/2018/01/05/85796/langue-bretonne-barriere-ethnique/

3 réflexions sur “La langue bretonne comme dernière barrière ethnique ?

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