La Bretagne aux Bretons

Malgré le dévouement et l’activité de ses militants, le mouvement breton qui, sous l’étiquette régionaliste, travaille depuis bientôt quinze ans à l’instauration d’un nouvel état de choses, moins oppressif pour notre pays, ce mouvement semble n’avoir obtenu dans l’ensemble que de très médiocres résultats. Quand on compare l’action des régionalistes bretons à celles des nationalistes irlandais, quand on considère le succès qui couronne les efforts de ceux-ci et l’avortement qui parait menacer les entreprises de ceux-là, on est obligé de reconnaître que la meilleure méthode n’est point du côté des Bretons.

C’est que le régionalisme, si l’on veut bien y prendre garde, n’est, en somme, en ce qui concerne la Bretagne, que l’affirmation de l’emprise étrangère. Rien n’est moins fait pour exalter chez nous le patriotisme et pour susciter des enthousiasmes. Que serait ce mouvement breton, s’il n’ avait pas pour le soutenir, sous le Régionalisme – qui n’est qu’un mot froid et déjà suranné, – un sentiment autrement profond, une flamme inavouée mais bien vivante et sans cesse renouvelée au pur foyer de l’Histoire de Bretagne : c’est-à-dire le sentiment national. 

C’est ce sentiment national, ce nationalisme vivace qui crée les enthousiasmes, la foi, le sacrifice, l’héroïsme.

C’est ce sentiment que les Irlandais ont entretenu: c’est à ce sentiment que les Bretons doivent faire appel s’ils veulent triompher.

Breiz Dishual, 1912

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