« L’avenir de la Bretagne et de son peuple (…) passe par la rupture des liens de sujétion à la France et par l’entrée de notre nation dans une grande Europe aux cent drapeaux. » – Entretien avec Padrig Montauzier

– Barr-Avel : Padrig Montauzier, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et présenter la revue War-Raok ?

Mon parcours politique pourrait être assez classique s’il n’y avait pas eu la période « clandestine », les condamnations puis les prisons françaises.

Comme je l’ai maintes fois mentionné, j’ai très jeune été baigné dans un environnement politique, un environnement familial puisque mon père était militant et dirigeant syndicaliste ouvrier. C’est ainsi que tout gamin j’ai participé à certaines grandes manifestations organisées par le parti communiste français et mes souvenirs restent encore, à ce jour, intacts, comme ces « premier mai » au parc du Thabor à Rennes.

La suite est logique, la route est toute tracée. Adhésion aux Jeunesses communistes quelques années avant les fameux évènements de mai 68 et c’est à partir de cette date que tout va basculer. Un mouvement clandestin (FLB) se manifeste bruyamment en Bretagne en faisant exploser des bâtiments administratifs symboles de la présence française en Bretagne. Une revendication claire en guise de revendication : l’indépendance de la Bretagne… Évidemment ce n’était pas du goût d’un PCF jacobin et ennemi juré de tout ce qui pouvait être assimilé au mouvement breton. Vient également s’ajouter à cette première dissension, le mouvement de révolte de mai 68 et le regard d’un jeune lycéen de 18 ans, un regard en totale opposition avec les positions communistes (PCF) et celles de la centrale ouvrière affiliée à ce parti.

C’est la rupture totale et mon intérêt soudain pour tout ce qui concerne la Bretagne et le mouvement breton, tant culturel que politique. Un premier déclic : apparition à la télévision régionale d’un homme s’exprimant en langue bretonne ! Cet homme,vous l’avez reconnu, c’était Charlez ar Gall. Seconde chose qui déclenche mon intérêt pour la cause bretonne c’est une lecture de l’Histoire de la Bretagne de l’abbé Poisson et là l’affaire était conclue. S’ensuivent les lectures de nombreux journaux politiques de l’époque dont « l’Avenir de la Bretagne » dirigée par Yann Fouéré, et « le Peuple breton » l’organe de l’UDB. Le choix a été rapide, et l’homme de gauche que j’étais encore resté, opte pour les idées exprimées dans un journal classé « à droite », le journal de Yann Fouéré et à cette époque organe de SAV ( Strollad Ar Vro), parti de la patrie en français.

Début des années 70, adhésion au parti SAV et quelques temps plus tard je prends la fonction de secrétaire fédéral pour le pays de Rennes.

Entre temps les attentats du FLB (Front de libération de la Bretagne) s’intensifient, ainsi que les arrestations, les condamnations… L’État français, fidèle à lui-même, reste totalement sourd malgré la multiplication des « nuits bleues » et les scores très honorables du mouvement politique breton légal aux diverses élections.

Alors encore une suite logique… Pourquoi poursuivre dans la voie légale qui semble être une impasse ? Quelques mois plus tard le pas est franchi. C’est mon engagement dans le mouvement clandestin. Responsable de Kevrennoù sur plusieurs départements, membre du Kuzul Meur (Grand conseil), attentats en série… puis arrestation et jugement devant une juridiction spéciale française : la Cour de Sûreté de l’État. Une première condamnation à 15 années de réclusion criminelle, puis quelques mois plus tard, seconde condamnation (pour une trentaine d’attentats) à 15 autres années d’emprisonnement dans les geôles françaises. A noter que lors du premier procès, j’ai refusé d’y participer au motif que je ne reconnaissais pas cette juridiction française et demandais à être jugé en Bretagne par un juridiction bretonne. Dans le box des accusés, je me suis limité à lire une longue déclaration de plusieurs heures après 20 jours de grève de la faim, et demandé à mes avocats de se retirer afin de laisser, entre elle, la justice française délibérée en son âme et conscience ! (Petit rappel, la peine de mort avait été envisagée).

1981, élection de Mitterrand, amnistie… et 3 ans et demi passés dans les cachots du pays qui nous occupe toujours. A peine libéré, création avec Yann Fouéré et une poignée de militants nationalistes du POBL (Parti pour l’Organisation de la Bretagne Libre). A l’issue d’une première assemblée générale je suis nommé secrétaire national, puis quelques années plus tard je deviens un des présidents jusqu’à la création d’ADSAV (la relève ou la renaissance) en français, parti de la droite nationaliste bretonne. A l’initiative de ce nouveau parti, j’en prends la direction pendant de nombreuses avant de laisser la place à une équipe plus jeune et me consacrer uniquement à la revue War Raok/La voix de la nation bretonne qu’il faut impérativement moderniser et développer.

– Barr-Avel : War-raok, c’est déjà 20 ans d’existence. Quel bilan tirez-vous de ces 20 dernières années de combat pour la Bretagne ? Quel accueil reçoit la revue War-raok dans l’Emsav ?

Oui la revue souffle cette année ses 21 bougies et le bilan reste globalement positif. De nombreuses revues politique bretonnes ont échoué, ont eu une existence de vie très courte car elles n’ont pas su intéresser le lecteur. Elles ont toutes cédé au « politiquement correct », au consensus mou, aux analyses fades, frileuses et sans odeur. War Raok, avec une certaine radicalité, affiche fièrement une attitude dissidente qui se nourrit d’une prise de conscience des méfaits du colonialisme français et du cosmopolitisme ambiant. Cette prise de conscience, qui est exprimée dans les colonnes de War Raok, doit conduire à renouer avec l’identité bretonne et la civilisation européenne. Il faut impérativement refuser que le peuple breton continue à se laisser contaminer par des émotions, des idéologies étrangères et préfabriquées de l’extérieur. Les Bretons doivent se réapproprier leurs propres émotions, celles liées à leur terre, à leur langue, à leur histoire, à leurs traditions bretonnes et celtiques, à leur religion…aux émotions de leur famille, de leur lignée. Face à l’inacceptable, il faut savoir retrouver la voie de la raison et les grandes règles de l’esprit européen. Il faut retrouver la voie d’une nouvelle résistance !

Vous me demandez également : «  Quel accueil reçoit War Raok dans l’Emsav ? ». Ma réponse va peut être vous surprendre mais j’ai une conception du combat pour l’indépendance de la Bretagne qui ne se limite pas à l’Emsav et à ses valeureux militants. La revue que je dirige, avec une équipe rédactionnelle soudée, est plus préoccupée par le sort du peuple breton, aujourd’hui sous tutelle étrangère, que par ce que pensent les militants de l’Emsav déjà convaincus. War Raok doit être un complément politique afin que notre peuple soit attirer puis séduit par nos idées, qu’il puisse enfin prendre conscience de sa situation de peuple colonisé. C’est bien pour cela que, si la revue est politique, nous n’avons pas commis l’erreur qu’elle soit l’expression d’un parti ou mouvement politique. Elle s’adresse à tous les Bretons. Pour conclure, je vous dirai que, oui, la revue progresse, que c’est une revue libre qui a su graduellement déstabiliser les esprits mesquins et autres détracteurs et se flatte aujourd’hui de narguer les censeurs de tout horizon.

– Barr-Avel : War-raok est l’une des rares publication bretonne qui prend fermement parti contre le remplacement de population. Comment expliquez-vous que l’Emsav soit si tiède à l’idée d’aborder la question migratoire ?

Comme je l’ai souvent mentionné « tout ce qui menace l’identité bretonne doit être non seulement dénoncée mais combattue ». Il est donc impératif pour une revue nationaliste bretonne de prendre en compte et d’exposer aux Bretons les dangers qui les menacent en tant que peuple. Le remplacement de population, le métissage, le mélange des cultures, qui dépossèdent les peuples d’eux-mêmes, sont la négation complète des identités et des peuples… de toutes les valeurs et références ethniques.

Briser l’unité ethno-culturelle d’un peuple par un apport d’allogènes demeure un moyen d’uniformisation. La défense du peuple breton exige que l’on s’élève contre toutes atteintes portées aux équilibres ethniques. Aucun peuple européen n’a jamais vécu sur lui-même, mais aucun peuple ne peut d’avantage, sous peine de disparaître, devenir perméable à toutes les pénétrations étrangères.

Quant aux positions de l’Emsav sur ce problème crucial que représente aujourd’hui la question migratoire, il faut faire une analyse en deux temps car deux cas sensiblement différents se présentent.

Dans un premier cas, l’entrisme de la gauche et de l’extrême-gauche dans le mouvement breton justifie une complaisance totale à l’égard de l’immigration, complaisance idéologique et mortifère.

Dans le second cas, il s’agit d’une position irrationnelle de personnes qui ont fait néanmoins une bonne analyse des dangers représentés par cette nouvelle colonisation, mais qui, par frilosité et par peur de se voir taxer de tous les noms d’oiseaux, font l’autruche. Les deux cas sont condamnables et irresponsables. Toutefois les choses commencent à évoluer et je suis agréablement surpris de lire, sous la plume de certains militants, des analyses que nous avions formulées il y a plus de 20 ans !Nous devons refuser le système de pensée des idéocrates anti-ethnistes dont le but est l’homogénéisation des peuples et par conséquent la destruction de nos référents communautaires. Ceux qui n’ont pas encore pris conscience de ce danger mortel, il leur faudra combien d’années afin qu’ils comprennent que l’immigration de peuples étrangers à la culture et civilisation européennes, donc bretonne, dans les proportions que nous connaissons aujourd’hui, signe à terme l’arrêt de mort des identités, des peuples et des patries charnelles. L’identité bretonne reste fragile. Elle reste liée à des données intangibles que sont l’ethnie, la culture, l’histoire, les traditions et la religion. Face aux défis culturels que pose l’invasion de populations extra-européennes non maîtrisée (sans oublier le rouleau compresseur de l’État colonial français) seul le nationalisme peut lutter efficacement contre cette nouvelle colonisation et être le véritable et unique rempart face à ces flux migratoires. Les nouveaux « Bretons » en djellaba adulés par les universalistes et régionalistes de tous poils, préféreront toujours le Coran aux études celtiques.

– Barr-Avel : La revue War-raok propose à ses lecteurs plusieurs pages en langue bretonne à chaque numéro. Quelle place doit occuper la langue bretonne dans le combat breton aujourd’hui selon vous ?

Une langue traduit la perception du monde, d’un peuple et c’est pour cela qu’il existe autant de langues que de peuples. Peut-on imaginer tous les peuples parlant la même langue ? Non. C’est pourtant le rêve fou des promoteurs d’un monde sans frontières, sans identités qui souhaitent métisser les peuples afin qu’ils ne forment plus qu’un tout uniforme. Reprenons les écrits de Roparz Hemon et ses nombreuses études sur la langue bretonne, sa promotion et son avenir. Nous avons ainsi toutes les réponses. Dans le cadre d’une Bretagne souveraine, un plan ambitieux et volontariste devra être mis en place pour la promotion de la langue bretonne, langue devenant langue officielle de l’État et du peuple bretons. Une langue est faite pour être parlée et être aimée. Il faut éviter à tout prix que la langue bretonne devienne une langue « fossile » c’est-à-dire non utilisée par le peuple. Rappelons-nous que sans la langue bretonne nous serions devenus depuis longtemps les habitants d’une banale région française comme l’Auvergne ou la Picardie, même s’il nous reste notre prestigieux passé de nation souveraine, passé qui nous différencie quand même des autres régions françaises.

Un futur État breton devra prendre exemple sur la volonté du peuple d’Israël qui, en moins d’une génération, a su se réapproprier et rénover une vieille langue considérée comme inutile.

Pour conclure, je dirais que la langue est une forme indispensable de la réalisation nationale.

« Digoromp ar spered ha digoret ‘vo pep tra !» mais aussi « Ar galleg eo karr an Ankou e Breizh ! ». Roparz Hemon.

– Barr-Avel : Dans votre dernier numéro, vous proposiez deux articles d’histoire différents (un sur l’histoire de la bataille de Culloden en Écosse et un sur l’attentat de la rue Saint-Nicaise). Quelle place doit occuper l’histoire dans le combat pour la reconquête identitaire ?

Si la langue bretonne est une composante importante du combat breton, l’histoire de la Bretagne et de son peuple l’est tout autant. J’ai toujours été choqué de voir la méconnaissance des Bretons concernant leur histoire. Il est vrai, que non enseignée, voire interdite, par l’État colonial français, il était en effet bien difficile d’en prendre connaissance (les choses ont légèrement évoluées). J’ai toujours pensé que si tous les Bretons connaissaient leur histoire… nous n’en serions pas là aujourd’hui. L’histoire de la Bretagne est, non seulement un outil, mais une véritable arme pour lutter contre l’État occupant, mais également contre toute imposture d’un système mondialiste.

– Barr-Avel : Que conseilleriez-vous de faire à un jeune patriote breton qui veut agir pour son pays aujourd’hui ?

C’est une question que l’on me pose régulièrement et forcément la réponse, très souvent publiée, est déjà partiellement connue. Le premier conseil, que je formulerais à un jeune Breton, serait de prendre connaissance de l’histoire de la Bretagne afin de posséder des bases historiques solides. Ensuite découvrir la vie de l’Emsav, tant politique que culturel, en consultant des ouvrages sérieux, puis s’initier à la langue bretonne. L’avenir du mouvement national breton passe effectivement par une relève jeune et déterminée. Un jeune et futur militant devra faire le choix de certaines valeurs, valeurs fondamentales seules capables de rassembler et de sauver le peuple breton et l’aider à se redresser. Il est évident que le réveil d’un peuple passe par l’entretien et la promotion de certaines qualités éthiques, spirituelles qui constituent l’essence du peuple, sa part la plus haute. Toutefois l’appel à la redécouverte et à la défense du patrimoine ethnique ne suffit pas pour entraîner le renouveau politique.

La jeune génération militante devra convaincre en adoptant un comportement rigoureux, en proposant des choix de société clairs, en prouvant qu’elle est capable, avec un mouvement fort et structuré, d’assumer le destin d’un peuple et d’une nation. Cette jeune génération devra prendre en compte que nous vivons en un temps qui favorise le trouble des esprits et provoque indirectement des situations ambiguës. La claire expression des idées et des buts sera l’un des moyens par lesquels un jeune nationaliste breton se démarquera des velléitaires, des arrivistes et des profiteurs. Enfin, un jeune patriote devra refuser tout aventurisme stérile, tout excès de paroles et d’actes, toute immaturité politique… qui ouvrent la porte à toutes les provocations et ne devra jamais tricher avec son peuple… c’est répondre à une exigence d’honneur.

– Barr-Avel : Comment voyez-vous l’avenir de la Bretagne et l’avenir de l’Europe ?

L’avenir de la nation bretonne est de facto lié à l’avenir de l’Europe et de tous les peuples européens. Cela implique qu’il faut impérativement axer nos efforts vers une politique commune européenne.Je reprendrai ce que j’écrivais dans le « programme de gouvernement breton » d’Adsav et qui reste toujours d’actualité :

« Au cours de l’histoire européenne il est souvent arrivé que des peuples restent en sommeil pendant des siècles. Le réveil des nationalités a donné des exemples frappants de cette capacité de résurgence des identités ethniques. Il y a toujours un moment où les masses sentent la nécessité d’un appel vers la forme nationale et la puissance que confère une singularité culturelle conquise. Dans toute cette veille Europe, des peuples luttent à des degrés divers, sous des régimes différents, pour le respect de leur identité, la reconnaissance de leurs droits de peuple, la conquête d’instances politiques propres, leur souveraineté… Le combat pour l’indépendance de la Bretagne doit s’inscrire dans cette réalité objective d’une Europe nouvelle, d’une Europe européenne, d’une Europe des peuples et servir la cause de tous les peuples européens sous tutelle étrangère. Ce combat pour le réveil des peuples d’Europe prend donc une signification profonde, et pour eux-mêmes et pour l’ensemble de l’humanité ».

Enfin, l’avenir de la Bretagne et de son peuple, en tant que communauté humaine héritière d’une histoire prestigieuse, d’une culture et d’une identité propres, passe par la rupture des liens de sujétion à la France et par l’entrée de notre nation dans une grande Europe aux cent drapeaux.

La France, en sortir c’est s’en sortir !

– Barr-Avel : Comment faire pour découvrir, soutenir ou s’abonner à War-raok ?

Soutenir War Raok, c’est avant tout soutenir une revue libre et indépendante qui refuse l’idéologie unique revendiquée par certains aujourd’hui qui veulent enfermer la pensée dans un espace carcéral, assujettir le peuple breton et lui imposer un despotisme à travers une logique totalitaire. War raok est un outil au service du peuple breton et de la liberté qui affiche fièrement une attitude dissidente.

Sans subvention, sans publicité… la meilleure façon de faire perdurer la revue, c’est de s’abonner et faire abonner ses amis. C’est un acte militant.

War-Raok, revue nationaliste bretonne

Site de la revue : www.war-raok.eu

A-hend-all emañ War Raok a-du gant un ervad meizañ dieub ha disrann evit ma vo gwelet en e holl pennadoù-skrid ur spered-stourm, en ur gas da sutal dalc’hidi an unpreder, pergen en ur addanzen ur c’heriaoueg yac’h, pell diouzh ar « yod-gerioù » omp rediet da lonkañ evit ar mare.

A galon vat deoc’h-holl.

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Entretien réalisé par Neven ar Ruz, pour Barr-Avel

3 réflexions sur “« L’avenir de la Bretagne et de son peuple (…) passe par la rupture des liens de sujétion à la France et par l’entrée de notre nation dans une grande Europe aux cent drapeaux. » – Entretien avec Padrig Montauzier

  1. je vous découvre; , trouve soudain l’air un peu plus léger.. et me sens un peu moins seul….. merci…….je viens de lire dans le texte ci-dessus mes propres pensées et avis …. mais je doute que l’Europe Mastrichienne (dans son délire mondialiste) ne nous laisse une chance de survivre a son discours universaliste ,apres nous avoir fait rèver ,et déja nous serons morts noyés ,métissés.

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