« Impressions nordiques » Olier Mordrel (1937)

« Il y a une unité nordique dans le sol comme il y a une unité méditerranéenne. Le fjord norvégien est le frère de l’aber écossais, irlandais ou breton. De Molène à Bergen, les mêmes mousses habillent de pourpre et d’or les rocs au dessus desquels tournoient les mêmes oiseaux étranges et nostalgiques. Nos mers sont celles des longues houles et des flots de rêve. Nos ciels, toujours traversés de nuées, ont les mêmes éclaircies triomphantes et brèves. Nous connaissons les pluies glacés, les mois de brume, les étés frais, les giboulées. En Novembre, tous nos pays se ressemblent : arbres noirs décharnés, prés d’un vert étincelant, toits aigus, chemins noyés de boue, étangs, inondations, fenêtres bien fermées et cheminées qui flambent.

Nous sommes des peuples qui passons les veillées à boire, à conter, à chanter, pour nous émouvoir le cœur ou pour rire comme des enfants bruyants. De l’est à l’ouest, nous avons un rude appétit, et nous mangeons des pommes de terre, du bœuf, du cochon et du poisson salé. »

Olier Mordrel, Stur n°11, 1937

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